Les appartements en propriété gagnent 5,9 % sur un an en Suisse. Au Tessin, les maisons plafonnent à 1,7 %, et Lugano est la seule place où les professionnels attendent un recul.
Par la rédaction Envergure
En un an, les appartements en propriété ont pris 5,9 % en Suisse. Au Tessin, les maisons individuelles en ont pris 1,7 %, et Lugano est la seule place économique du pays où les professionnels parient sur une baisse.
Raiffeisen a publié le 12 octobre son indice des prix de transaction du troisième trimestre. Les maisons individuelles gagnent 2,0 % sur le trimestre et 3,6 % sur un an. Les appartements en propriété font mieux, 1,7 % sur le trimestre et 5,9 % sur douze mois.
Le trimestre précédent, la propriété par étages n’affichait encore que 4,2 % sur un an. Les 1,7 point gagnés en trois mois sont larges pour un indice qui bouge d’ordinaire par petites marches.
Le baromètre RealAdvisor, généré le 14 octobre, mesure la même tendance avec des amplitudes plus faibles, 3,4 % sur un an pour les appartements et 2,9 % pour les maisons. Les deux publications diffèrent sur l’ampleur et s’accordent sur le sens.
Les 26 cantons et les 15 grandes agglomérations suisses affichent tous une progression annuelle positive. RealAdvisor relève aussi un déplacement du centre de gravité du marché vers des villes plus abordables, après une décennie dominée par Zurich et Zoug.
Parce que l’offre de logements ne suit pas, et que la remontée des taux fixes ne suffit pas à freiner la demande. C’est la lecture de Fredy Hasenmaile, économiste en chef de Raiffeisen Suisse, pour qui le marché ne se calmera pas tant que le logement restera aussi rare.
Le détail par type de commune en dit plus que la moyenne nationale. Sur un an, la propriété par étages gagne 7,9 % dans les communes touristiques et 1,6 % dans les centres urbains, soit un rapport de un à cinq à l’intérieur du même indice.
Un propriétaire d’appartement en station et un propriétaire d’appartement en ville lisent donc le même indice national sans vivre le même marché. La moyenne est juste et ne sert à fixer aucun prix.
CANTON DU TESSINL’édition tessinoise du baromètre RealAdvisor sort du lot. Les maisons individuelles y progressent de 1,7 % sur un an, la plus faible hausse de tous les cantons suisses. Sur dix ans, l’écart devient structurel, 13 à 15 % au Tessin contre plus de 34 % pour la moyenne nationale.
À Lugano, le marché frémit un peu, 2,7 % sur un an pour les appartements et 2,1 % pour les maisons au troisième trimestre. Rien qui rattrape le reste du pays.
| Maisons individuelles | Tessin | Suisse |
|---|---|---|
| Hausse sur un an, T3 2026 | +1,7 % | +2,9 % |
| Hausse sur dix ans | 13 à 15 % | plus de 34 % |
Source baromètre RealAdvisor du troisième trimestre 2026, éditions suisse et tessinoise.
Le signal le plus net ne vient pas des prix mais des attentes. L’indice SRESI de KPMG, publié le 29 septembre, interroge 370 spécialistes du secteur sur les douze mois à venir. Il retombe à 47,5 points au niveau national, contre 69,5 un an plus tôt, le plus haut jamais enregistré depuis le lancement de la mesure en 2012.
Pour Beat Seger, de KPMG, il s’agit d’un retour à la normale après une année exceptionnelle et non d’un retournement, les hausses les plus marquées restant attendues à Zurich, en Suisse centrale et sur l’arc lémanique. Le Tessin est la seule exception négative du pays. Lugano est la seule place économique suisse où les investisseurs anticipent franchement une baisse des prix, et le canton dans son ensemble se situe lui aussi en territoire négatif.
Oui, si ce prix a été posé sur les gros titres nationaux. Un vendeur tessinois qui indexe son attente sur les 5,9 % de la propriété par étages suisse se trompe de marché de plusieurs points de pourcentage.
Deux informations se superposent sans dire la même chose. Les prix tessinois montent, lentement. Les professionnels interrogés attendent qu’ils reculent d’ici un an. La première se vérifie sur des ventes déjà signées, la seconde pèse sur ce qu’un acheteur osera proposer cet hiver.
Notre lecture, au Tessin le prix se fixe sur les comparables de la commune, et le délai de vente se budgète plus long qu’ailleurs. Cette prudence a un coût, un prix posé trop bas dans un canton qui progresse encore, même de 1,7 %, laisse de l’argent sur la table si l’acheteur se présente vite.
FÉDÉRALLa Banque nationale suisse n’a pas rouvert le dossier depuis sa décision du 24 septembre, qui a maintenu le taux directeur à 0 %. La prochaine échéance est attendue en décembre.
Sur les taux fixes, une étude Moneypark reprise par l’ATS situe le 10 ans moyen à 2,06 % à mi-septembre, contre 1,98 % trois mois plus tôt. La comparaison internationale remet cette hausse à sa place.
Reste ce que le sondage de KPMG désigne sans le chiffrer, une demande locale plus faible et des attentes retournées. C’est sur ce terrain, et non sur celui du crédit, que le Tessin se distingue cet automne.
VAUD ET GENÈVELe Conseil d’État vaudois voulait modifier la répartition de l’impôt sur les gains immobiliers entre canton et communes, aujourd’hui 58 % pour le canton et 42 % pour les communes. Le Grand Conseil a rejeté cette modification lors du vote du budget 2026, qui aurait coûté environ 39 millions de francs par an aux caisses communales. Un vendeur vaudois ne verra aucune différence sur sa facture, seule la clé de partage était en jeu.
Autre chiffre vaudois, les surfaces commerciales et industrielles vacantes bondissent à 374’007 m² en 2026, contre 285’288 m² un an plus tôt, soit plus de 31 % de hausse. Statistique Vaud annonce par ailleurs la publication, cet automne, des chiffres définitifs des logements vacants par nombre de pièces.
Le canton met 80 millions de francs de subventions énergétiques à disposition pour 2026, 10 millions de plus qu’en 2025. Le nouveau barème supprime en revanche l’aide à l’assistance à maîtrise d’ouvrage énergie, qui aidait jusqu’ici les propriétaires à monter leur dossier. Qui planifie des travaux cette année revoit donc son plan de financement.
Côté urbanisme, le projet de quartier du Mervelet, au Petit-Saconnex, approche de sa mise à l’enquête publique, prévue cet automne pour 30 jours, après deux rencontres publiques tenues à la Villa Dutoit les 7 et 8 octobre. Côté marché, le volume des transactions genevoises a atteint environ 2,002 milliards de francs au deuxième trimestre pour 668 ventes, contre 766 un an plus tôt, l’écart tenant à quelques grandes opérations sur des immeubles de logements et de bureaux. Le prix moyen au mètre carré s’établissait à 15’261 francs en août, 15’020 francs pour les appartements et 15’502 francs pour les maisons.