Cinq immeubles rachetés jusqu'à 128,5 millions de francs, 107 logements congédiés en une fois. Pendant ce temps, Genève n'a jamais livré autant de logements neufs depuis cinq ans.
Par la rédaction Envergure
Cinq immeubles genevois changent de mains pour un montant allant jusqu'à 128,5 millions de francs, et 107 logements reçoivent leur congé dans la foulée. Au même moment, le canton met sur le marché plus de logements neufs qu'à aucun moment des cinq dernières années.
Le boulevard Carl-Vogt fournit le cas le mieux documenté. Cinq immeubles y ont été rachetés pour un montant allant jusqu'à 128,5 millions de francs, et les 107 logements et 15 commerces qu'ils abritent ont reçu leur congé d'un seul mouvement, rapporte la RTS. Le motif tient en deux mots, des rénovations nécessaires.
L'Asloca, l'association qui défend les locataires, situe la pratique bien au-delà d'une adresse. Elle affirme que la même séquence se répète sur une trentaine d'immeubles genevois, un rachat au prix fort, des baux résiliés en bloc, une remise en location à des loyers doublés une fois les appartements vides.
Parce que le prix payé ne tient qu'avec des loyers supérieurs à ceux en place. L'Asloca décrit une mécanique constante, invoquer des travaux nécessaires, résilier les baux, relouer au double une fois l'immeuble vidé.
La conséquence pratique est simple pour le locataire. Une résiliation de bail à Genève qui arrive quelques mois après une revente à prix record mérite d'être lue ligne à ligne, parce que c'est exactement le profil que l'association documente à grande échelle.
CANTON DE GENÈVELe même canton construit pourtant à un rythme qu'il n'avait plus connu. 3'334 logements neufs sont arrivés sur le marché en douze mois, contre 2'055 sur les douze mois précédents, soit 62 % de plus, d'après les chiffres de l'OCSTAT publiés le 13 août 2026 et relayés par 20 minutes.
Le seul deuxième trimestre 2026 en compte 1'232, alors que la moyenne trimestrielle des cinq dernières années s'établissait à 717.
Un logement livré cette année a été autorisé bien avant, donc ce rebond ne change rien à la situation des locataires du boulevard Carl-Vogt. Il indique en revanche que l'offre genevoise bouge enfin, après des années de pénurie.
FÉDÉRALLe mouvement dépasse Genève. Environ 52'000 logements ont obtenu un permis de construire dans le pays sur les douze derniers mois, un niveau que la Suisse n'avait plus atteint depuis fin 2018, selon une étude de Wüest Partner publiée fin juillet 2026 et reprise par Le Temps.
La reprise profite presque uniquement au locatif, avec environ 32'900 logements locatifs autorisés, 11 % de plus en un an, détaille Blick. La baisse du taux de logements vacants ralentit et l'offre locative commence à se stabiliser. Le marché cesse donc de se dégrader, ce qui ne veut pas dire que la pénurie se résorbe.
FÉDÉRALPar un arrêt du 30 avril 2026 (1C_401/2024), le Tribunal fédéral a confirmé la réglementation adoptée en 2021 par la Ville de Zurich, rapporte la RTS. Elle permet d'interdire les appartements d'affaires et les locations de courte durée dans les zones résidentielles, au moyen de quotas fixés immeuble par immeuble, par exemple 90 % de résidences principales au minimum pour un bâtiment de dix étages.
Le recours de quatre sociétés exploitant ce type d'hébergement a été rejeté, et la réglementation doit entrer en vigueur à l'automne 2026, précise EspaceSuisse. La règle reste zurichoise, la décision est fédérale. Les villes tentées par le même outil savent désormais qu'il résiste au recours.
À Oberwil, une maison inhabitable construite en 1957 part aux enchères forcées avec une mise à prix de 4,92 millions de francs, raconte 24 heures. Le bâti ne pèse presque rien dans l'affaire, toute la valeur tient au droit de construire du terrain.
| Oberwil, ce qui compose le prix | Valeur |
|---|---|
| Bâtiment de 1957, inhabitable | 92'000 CHF |
| Terrain constructible, 1'783 m² | 2'800 CHF/m² |
| Mise à prix aux enchères forcées | 4'920'000 CHF |
Depuis le 26 janvier 2026, le canton exige un domicile légal et effectif en Suisse, soit un permis de séjour et une résidence réelle, avant la signature de tout acte authentique portant sur une résidence principale, indique le canton. La promesse de vente conditionnelle signée en attendant l'autorisation ne suffit plus, résume LivinCrans.
Le Tribunal fédéral a déclaré irrecevable un recours vaudois dirigé contre six décisions d'une assemblée générale de propriété par étage, dont des cotisations au fonds de rénovation, faute de motivation propre à chacune (arrêt 5A_391/2026 du 5 juin 2026). Une copropriété qui conteste doit attaquer chaque décision avec ses propres arguments.