Un sondage Comparis chiffre pour la première fois le report de la demande romande vers la Haute-Savoie et l’Ain. Pendant ce temps, le taux de référence reste bloqué et Vaud recense 3’907 logements vides.
Par la rédaction Envergure
Un sondage met enfin un nombre sur le report de la demande romande de l’autre côté de la frontière. Ils sont environ 92’400 à chercher activement un logement en France voisine plutôt qu’en Suisse, soit 4,2 % de la population romande.
L’enquête a été menée en mai 2026 par Innofact pour Comparis auprès de 1’001 personnes, et relayée cette semaine par la RTS. Elle situe à 4,2 % de la population romande la part de ceux qui cherchent activement de l’autre côté de la frontière, en Haute-Savoie ou dans l’Ain.
Le reste du sondage explique d’où sort ce chiffre. 70 % des sondés jugent les loyers ou les prix d’achat de leur région trop élevés, et 30 % des adultes romands envisagent sérieusement un déménagement en France, selon 20 minutes.
L’écart entre les trois barres est la vraie information. Le mécontentement est massif, le projet reste minoritaire, et la recherche effective ne concerne qu’une personne sur vingt-quatre. La réserve de candidats au départ, elle, reste large.
Ce que le sondage ne mesure pas, c’est le nombre de recherches qui aboutissent. Un bail signé en Haute-Savoie ne laisse aucune trace dans les statistiques suisses du logement. Nous parlons donc d’intentions déclarées, pas de déménagements constatés.
CANTON DE GENÈVEParce que la perception du coût y est sans équivalent dans le pays. La moitié des sondés genevois qualifient les coûts du logement de « très élevés », contre 10 à 12 % dans des cantons comme Berne, le Jura ou le Valais, toujours dans la même enquête.
La géographie fait le reste. Le report se concentre autour du bassin lémanique, vers la Haute-Savoie et l’Ain, là où le trajet quotidien reste tenable pour qui garde son emploi côté suisse.
Pour un propriétaire genevois, l’indicateur à surveiller dans les prochains trimestres n’est pas le prix au mètre carré. C’est la profondeur du marché locatif, celle qui décide du rendement qu’un investisseur accepte de payer pour un immeuble.
FÉDÉRALRien ne l’annonce. Le taux d’intérêt de référence hypothécaire, celui qui ouvre le droit à une baisse de loyer, reste fixé à 1,25 % depuis le 2 septembre 2025, et le point du 2 juin 2026 l’a confirmé sans changement (Office fédéral du logement).
Le mécanisme est écrit d’avance et joue dans les deux sens. Une variation de 0,25 point vaut une demande de baisse de loyer de 2,91 % pour le locataire, ou une hausse de 3 % pour le bailleur.
| Mouvement du taux de référence | Effet admis sur le loyer |
|---|---|
| Baisse de 0,25 point | −2,91 % |
| Hausse de 0,25 point | +3,00 % |
Encore faut-il que le bail entre dans le champ. Le taux de référence laisse quatre catégories de côté.
Du côté monétaire, la Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0,0 % le 18 juin 2026, quatrième maintien consécutif. La Banque cantonale bernoise table sur une stabilité jusqu’à fin 2026 si la conjoncture et l’inflation restent contenues, sans mouvement notable attendu sur les hypothèques fixes à court terme.
Pour qui renouvelle un bail ou négocie une hypothèque cette année, la variable à surveiller n’est donc pas la banque centrale. C’est le marché locatif lui-même, et c’est exactement là que le report vers la France se joue.
CANTON DE VAUDAu 1er juin 2026, le canton de Vaud recensait 3’907 logements vacants, soit un taux provisoire de 0,87 %, en baisse de 0,02 point sur un an (Observatoire du logement). Nous avions publié fin juillet la vacance nationale au 1er juin 2025, à 1,00 %. Le chiffre vaudois en est l’actualisation, sur un périmètre plus étroit et une année plus récente.
Le détail pèse plus lourd que le taux. Sur ces 3’907 logements, 1’172 sont proposés uniquement à la vente, et non à la location. Un propriétaire vaudois qui met en vente n’affronte donc pas la même rareté qu’un bailleur en quête de locataire.
Rapportés à un canton entier, 1’172 objets à vendre laissent une concurrence mince pour un vendeur. Le chiffre reste provisoire, et il ne dit rien de leur répartition entre les districts.
EN BREFUn 4,5 pièces à Zurich affiché autour de 2’700 francs par mois a fait le tour des réseaux sociaux cette semaine. Le bailleur exigeait du futur locataire un paiement anticipé inhabituel avant même l’entrée dans les lieux, ce qui a déclenché une vague de critiques sur les pratiques de sélection des candidats (Blick).
La règle vaut dans toute la Suisse, Zurich comprise. Un loyer se paie à l’échéance convenue, pas d’avance comme condition d’accès au logement. Le seul versement anticipé encadré est la garantie, plafonnée en règle générale à trois mois de loyer par l’article 257e du Code des obligations, sur un compte bloqué au nom du locataire.