Longtemps, on pouvait s'offrir un bunker de l'armée suisse. L'État a fermé le robinet, et Vaud ouvre en parallèle une aide inédite pour adapter le logement des seniors.
Par la rédaction Envergure
Longtemps, on pouvait s'offrir un morceau de la défense nationale suisse. Ce temps est révolu, et l'armée annonce même qu'elle pourrait rouvrir certains de ses abris souterrains.
FÉDÉRALLe 25 juillet 2026, l'armée suisse a fait savoir qu'elle étudiait la remise en service de certains bunkers désaffectés, sur fond de dégradation sécuritaire en Europe. L'Office fédéral de l'armement conduit une étude pour adapter ces installations (anciens dépôts de munitions, hôpitaux militaires, postes de commandement) au stockage protégé de matériel courant, de médicaments ou d'équipements électroniques. Le pays compte environ 20'000 objets de défense, selon la RTS, mais l'armée ne dit pas combien de bunkers seraient concernés.
Cette annonce prolonge une décision passée sous le radar. Dès 2023, en réaction à la guerre en Ukraine, l'armée avait cessé de vendre ses bunkers désaffectés à des particuliers, pour reprendre la main sur un réseau redevenu stratégique, rapporte swissinfo. Le robinet est donc fermé côté État, et il ne reste sur le marché que les objets déjà passés en mains privées avant cette date.
Pour qui veut encore acheter un bunker en Suisse, l'offre se limite au stock privé, et il se raréfie. Transformer un tel ouvrage en cave d'affinage, centre de données ou lieu d'accueil relève du parcours long. Obtenir une désignation d'usage commercial peut prendre plus de dix ans, note la RTS.
La rareté fait grimper les prix. La villa-bunker de Gletterens, dans la Broye fribourgeoise, en donne un aperçu. Le bien est revenu sur le marché après que ses propriétaires ont buté sur l'impossibilité de sortir la parcelle de la zone agricole, racontait La Liberté avant l'annonce fédérale. Un exemple du type de bien concerné plus qu'un effet de la décision.
CANTON DE VAUDPendant que l'un ferme un marché de niche, l'autre ouvre une aide très concrète. Depuis le 1er juillet 2026, le canton de Vaud verse jusqu'à 3000 francs par personne, et 6000 francs si deux ayants droit partagent le même logement, pour adapter le domicile des retraités, propriétaires comme locataires. Baptisée ALO, l'aide est pilotée par la Direction générale de la cohésion sociale, indique l'État de Vaud.
Toute personne au bénéfice d'une rente AVS ou d'une rente vieillesse étrangère peut la demander, via le formulaire en ligne sur vd.ch/alo. Une visite d'un ergothérapeute valide la pertinence des travaux envisagés, d'une barre d'appui à une douche de plain-pied. Un locataire doit d'abord obtenir l'accord de son propriétaire, précise Le Temps.
Le budget 2026 s'élève à 1,5 million de francs, avec une montée en puissance prévue jusqu'en 2028. De quoi limiter, à son échelle, les déménagements forcés que subissent des locataires âgés faute de logement adapté dans un marché vaudois sous tension.
Un nouvel indice complète le tableau. Publié le 13 juillet 2026 par Homegate avec la Banque cantonale de Zurich, il montre des loyers en hausse dans chaque canton suisse sur douze mois, selon 20 minutes. Nidwald arrive en tête avec 8,3 pour cent, devant les Grisons. Genève ferme le podium national et prend la première place romande.
Côté villes, Genève se classe deuxième avec 5,5 pour cent, juste derrière Lucerne et ses 6 pour cent. Genève mise à part, les cantons romands affichent des hausses plus modérées que les cantons de tête.